Marseille en Peinture , Marseille Vieille Charité
La Ville de Marseille organise, en partenariat avec le Comité du Vieux-Marseille, l'exposition « Marseille en Peinture ». Réalisée dans le cadre du Centenaire du Comité du Vieux-Marseille, cette rétrospective rappelle le patrimoine exceptionnel de la cité phocéenne. Une centaine d'oeuvres est présentée: quarante peintures, une vingtaine d'aquarelles et dessins appartenant aux collections de l'ancien Musée du Vieux-Marseille et une trentaine de peintures de collectionneurs privés membres du Comité du Vieux Marseille.
Dans le cadre du Centenaire du Comité du Vieux-Marseille, de nombreuses manifestations sont organisées, jusqu'en juin 2012. Le patrimoine exceptionnel recueilli et mis en valeur, depuis un siècle, est présenté à travers une exposition des collections picturales du Musée du Vieux-Marseille et des oeuvres appartenant aux membres du Comité du Vieux-Marseille.
La majeure partie des collections était dans les réserves et c'est une opportunité pour le public de pouvoir admirer un certain nombre de peintures, aquarelles, dessins... représentant Marseille et son terroir, du début du XIXe au milieu du XXe siècle. Voulant illustrer le Marseille de cette époque et sa transformation, le choix des œuvres " a été guidé par la représentation d'un lieu, d'un monument, d'un personnage pour leur intérêt iconographique et historique. Quelques grands noms et des maîtres de l'école de Marseille y figurent.
LE COMITE DU VIEUX-MARSEILLE A CENT ANS !
L'association n'est pas née ex nihilo. Depuis la création, en 1891 de " Lou Cremascle", Gustave Izouard (bientôt rejoint par Valère Bernard) présente, au 17 du quai de Rive-Neuve, un véritable petit "musée des arts et traditions populaires" regroupant diverses collections. Celles-ci sont présentées, en 1906, à l'Exposition Coloniale puis, en 1908, à l'Exposition de l'Electricité. Suite à cela, des réunions sous l'égide de Marius Dubois aboutissent, en 1911, à la création du Comité du Vieux-Marseille.
" Le musée occupe donc successivement plusieurs lieux ": d'abord le Mas Santo Estello construit dans l'enceinte du futur parc Chanot (1906), puis au même endroit dans la Maison Moderne (1908). Une démolition puis la construction, sur le même terrain, du Palais de Marseille et de la Provence, permettent de mieux présenter les anciennes collections ainsi que les nombreux dons, à l'occasion de la seconde Exposition Coloniale, en 1922. Enfin, après la Deuxième Guerre Mondiale, le musée déménage vers le centre-ville et occupe la Maison Diamantée (donnée au Comité du Vieux-Marseille par Madame Rose Gautier-Gondran, présidente d'Art et Charité).
En 1962, par bail emphytéotique de trente ans, le Comité du Vieux-Marseille fait don à la Ville de Marseille de la Maison Diamantée et de toutes les collections. Après plus d'un demi-siècle de présentation des collections permanentes et de belles expositions temporaires dans ces lieux historiques, le Musée du Vieux-Marseille est déménagé. La collection va renaître dans les nouvelles salles du Musée d'Histoire pour sa réouverture en 2013. Cette exposition permet ainsi de faire le lien entre le musée du Vieux-Marseille, que les Marseillais et de nombreux visiteurs ont bien connu, et la future réalisation rendant hommage au Patrimoine et à l'Histoire de notre Ville. "Ainsi, la devise de Lou Cremascle reste valable": "fai boulhir !", c'est-à-dire, en avant !
Marseille, ville largement ouverte sur la mer est située dans un terroir, une conque, un enclos fermé au nord, à l'est et au midi par des collines marmoréennes, harmonieuses comme des Propylées. Ce site entre mer et collines a été largement représenté par les arts graphiques, la peinture et maintes fois décrit par les écrivains et les voyageurs frappés par le contraste entre le dynamisme du chaos rocheux et l'hiératisme d'une mer lisse, transparente ou ridée, frangée d'écume. "La vue de Marseille a cette aridité crayeuse, cette lumière blanche, cette dureté d'azur qui caractérisent les pays méridionaux à l'heure de midi et que M. Loubon excelle à rendre" (Théophile Gautier). "Dans le beau golfe aux eaux bleues, vertes et violettes, l'Orient et l'Occident se sont rencontrés il y a plus de deux mille ans. Cette rencontre a donné le jour à Marseille... Son berceau fermé par des collines et par des îles semblables à des marbres antiques participait à l'harmonie des rites méditerranéens" (Bouyala d'Arnaud). Si au nord, les collines de la Nerthe forment une ligne presque plane qui s'amenuise dans le lointain au Cap Couronne, au sud les collines de Marseilleveyre au relief tourmenté, plongent dans la mer, en une magnifique courbe.

C'est donc un véritable décor, au sens de la disposition naturelle de certains "objets" produisant un effet ornemental. Mais c'est aussi un décor dans le sens de cadre de vie et des activités humaines, dont l'épicentre est le coeur créatif du Vieux-Port et la colonne vertébrale, le littoral. Les visiteurs de cette exposition sont conviés à une promenade sur le littoral, du nord au sud, le long de la "mar d'amoun" (la rade nord) et de la mar d'avan (la rade sud) avec l'accent mis sur le Vieux-Port ("Oh le Vieux Port... Vollon ne pouvait se lasser de s'en remplir les yeux" a écrit Etienne Martin en 1923), et deux lieux emblématiques, l'un disparu et presque oublié, Château-Vert et l'anse d'Arenc, l'autre très modifié mais toujours reconnaissable, les Catalans. Quelques vues de rues, quartiers, églises, en ville et dans le terroir, complètent cette promenade dans le site et dans le temps .
Le décor étant planté, il faut aller au-delà du paysage animé, avec des évocations d'un certain nombre d'activités plus ou moins caractéristiques de Marseille. La flânerie commence par l'évocation du pouvoir civil, l'arche de l'hôtel de Ville par Ziem et celle du pouvoir économique, la Bourse par Crapelet, ainsi que celle d'un axe structurant incontournable: La Canebière. Suivent les activités du port, notamment celles intenses du quai du Canal (aménagé sur les terrains de l'Arsenal et comblé, en 1927, avec les décombres des maisons de "derrière la Bourse"); puis celles de la "filière" pêche avec notamment deux toiles de Suchet qui, avec fantaisie, donnait pour adresse "deuxième bouée en sortant du Vieux-Port". Quelques vues de marchés, dont celui de la place des Fainéants par Maglione, mettent en exergue le lent étouffement de notre espace vital par l'automobile. Les loisirs et divertissements ne sont pas oubliés, avec d'abord les cafés: le Grand Café Turc, au bas de la Canebière, rappelant ce goût de l'exotisme bien présent dans la Marseille Porte d'Orient et la terrasse de Brégaillon où Dellepiane fait figurer ses amis peintres. Ensuite, une paire de toiles représentant un pique-nique près du Cap Pinède et une partie de boules à Arenc servent de prétexte à montrer deux sites très connus et bien documentés. Complètement modifié par le développement des ports et quasiment disparu sous les remblais et le béton, on peut aussi apprécier l'importance du Lazaret d'Arenc, à une époque où Marseille était l'un des rares points d'entrée autorisés en provenance du Levant. Enfin, l'évocation de deux évènements dramatiques: la peste de 1720, avec le grand tableau du Chevalier Roze dirigeant les bagnards pour ramasser les cadavres près des Accoules, et deux vues de la consigne sanitaire au Vieux-Port, lieu de délivrance des autorisations de débarquer ou de mise en quarantaine"; puis, la démolition d'une partie des vieux quartiers, en 1943.

Cette promenade dans le site de Marseille et dans le temps (début du XIXème siècle à la montée du XXe), commencée par le grand paysage, continuée par les activités de groupes, s'achève par la vision au plus près des gens. Quelques portraits de personnalités comme celui d'un maire, Amable Chanot, l'autoportrait d'un peintre, Valère Bernard et le portrait d'Anne Valère Bernard, introduisent des types représentant la diversité des populations." Une petite Italienne des Vieux-Quartiers, rappelant l'importance de la colonie italienne en provenance de divers points de la péninsule (Gênes, Naples, Sicile ...), une jeune fille et une femme âgée en costume avec de beaux tissus, une poissonnière et un pêcheur, un tambourinaïre, un homme au cabanon évoquant un mode de vie mythique, l'Arcadie au bord de la mer et enfin, deux personnages de Valère Bernard qui, s'ils n'étaient sur fond du Vieux-Port, évoqueraient des bandits de grands chemins en embuscade.

Là aussi, ce n'est point un ensemble exhaustif, mais une partie de ce que les collections du Musée du Vieux-Marseille permettent de présenter, complétées par les prêts des membres du Comité du Vieux-Marseille.
Informations pratiques :
Ouvert du vendredi 20 Janvier au dimanche 25 Mars 2012 de 10h à 18h.
Fermé les lundis. Centre de la Vieille Charité - 2 rue de la Charité, 13002 Marseille.
5€ (plein tarif) / 3€ (tarif réduit), 3€ s'ajoutent pour les visites commentées.

Informations pratiques : Centre de la Vieille Charité, 2, rue de la Charité, 13002, Marseille. Tél : 04 91 14 58 80.
NB : Pendant les travaux, la conservation et le centre de documentation du musée des Beaux-Arts ont été transférés au Centre de la Vieille Charité.
http://www.marseille-tourisme.com
04 91 14 58 80
Recherche par critères
Les coffrets anciens, boites anciennes et nécessaires du XIX ème par Brice MARTIN - Antiquaire.
Joseph GARIBALDI - Le midi paisible : exposition de la fondation Regards de Provence, dLire la suite >>
